Ada's Blog

13 décembre 2005

petite distance

MON JOURNAL

12 décembre 2005

Je reprends le fil de mon écriture quasi journalière ce jour de défaite totale vis à vis de moi-même, de mon nouveau moi-même et de mes résolutions. C’est assez dur de se dire qu’on a bien changé, profondément et qu’on se retrouve parfois à faire des concessions en tant que l’autre qu’on avait oublié d’être. Je ne sais pas si c’est clair. Un exemple : aujourd’hui j’ai reçu un mail de cet horrible ex, qui m’a fait tant souffrir sans s’en rendre compte et qui ne s’en rend toujours pas compte. Il y a quelques jours, je me suis abaissée à reprendre contact avec lui par pur souci d’humanisme au fond, mais avec une bonne excuse pragmatique ; « il faut que je récupère les affaires que j’ai laissé chez lui. Il faut que je règle cette histoire ça fait désormais 4 ans, je suis heureuse et je peux donc affronter une telle situation. Au pire il ne répondra pas à mon mail. » Fin du monologue. Puis : avortement plusieurs fois du mail à envoyer. Reprise du monologue : « Trop débile ma vieille. Se confronter au passé, à quelqu’un de négatif qui t’a fait souffrir. Pourquoi le revoir si ce n’est pour lui prouver que tu as pu lui survivre. Tu n’as même plus besoin de ça. Tu es détachée de ce passé. Oublie. Zap. Tu as déjà zappé d’ailleurs. Qui est il pour toi ? Malheureusement et par la force des choses. Rien. » Fin du monologue et renoncement définitif. J’en parle à ma meilleure copine. Elle n’est pas d’accord : « il faut affronter ses responsabilités. Tu dois le revoir. D’ailleurs tu es un peu curieuse. Et puis il faut que tu récupères tes affaires non ? » Doutes. Gros doutes. Quasi sûre que c’est une bonne idée, je cède à celles de ma pote. Elle a l’habitude d’être plus raisonnable que moi. Elle m’indique même la forme du mail.
La réponse quelques jours plus tard est « franche » ? «  Sans appel » ? Définitive ? Vexante ? « je n’ai pas envie de boire un verre avec toi »/ 3 versions pour le même mail. Il n’a pas dû savoir l’envoyer proprement. Comme le coup de hache de l’assassin qui finit en boucherie. Savoir couper d’un seul coup sec, tranchant. Faire les choses de manière habile et propre ; il ne sait pas. C’est un petit con et il n’a pas changé. Mais c’est pas très agréable. A-t-il essayé d’atténuer sa dernière version ? « …ne veux pas boire un verre, ni te revoir pour l’instant. » C’est clair. Mais est-ce un mérite ? Je pensais au pire qu’il ne répondrait pas. Mais pourquoi au mon dieu suis-je en train de ma saborder mon bonheur en étant trop généreuse avec un con putain de con pareil ? Parce que, réponse évidente, je pensais qu’il aurait peut-être envie de me voir…. Soyons sincère. Je ne pensais pas ça. Je me disais qu’il aurait changé et reconnaîtrait sa faute. Que dalle ! Ce n’est pas ça. Mais qu’est-ce ? quelque part je me suis soumise à l’envie de ma copine…Elle se croyait très maligne et pensait que ça marcherait. Ça m’a fait plus de mal qu’autre chose. Y a-t-il un aspect négatif à cela ? oui. Positif ? …mouais…je dirais que je ne peux pas tomber plus bas dans le masochisme, donc paradoxalement j’affronte ma merde…mouais…je fais face à la réalité. Je ne fais pas le film du genre ; « on pourrait être amis. Au fond il a des problèmes et moi je suis super géniale donc on pourra en parler, en adultes, en humains… ». Il N’EST PAS HUMAIN. C’est un mongol. Il faut juste que je m’en tienne à ça et que j’affronte une autre réalité sur moi-même : JE NE SUIS RESTEE AVEC LUI QUE PAR DESESPOIR. J’étais vénale. Je pensais que sa fortune, son statut social allait me sauver. Mais fuck. Je sais maintenant que je n’ai rien à voir avec « ça ». Ni lui, ni son monde. Je me rassurais en me disant qu’il était super au fond mais trop mal parce que plein de problèmes tout ça, sa mère suicidée, son père horriblement coincé, méchant, indifférent, sa belle mère conne comme ses pieds et bourrée de caviar trois fois par semaine. Ses frères névrosés et complètement à l’ouest. Ils vivent tous dans une réalité parallèle et j’ai cru en faire partie. J’ai cru que je l’aimais. Je me suis menti à moi-même et je m’en mords les doigts. Ce mec est un abruti un point c’est tout. Abruti et méchant. Bête et méchant. Ça c’est pas de moi. Il a beau avoir des excuses….Le pauvre. Le pire c’est QU’IL EST LAID. Et que je faisais comme s’il était mignon. Et avec ça aucun recul sur moi-même. J’arrivais à me rendre anorexique pour lui plaire. Sans y arriver vraiment.

Suis-je sauvée ? Oui. Oui. Oui. Oui. OUI. OUF…

Ce qui m’a sauvé c’est sa haine au départ et l’amour d’autres par la suite pour me récupérer. Et enfin moi. On dirait une histoire initiatique…

Il n’y a rien à faire. Alors pourquoi se manger volontairement un mur ?

Je n’ai pas vu le mur.


Je suis revenue à Paris pour me manger tous les murs que je devais me manger. Aurais-je la force de revenir une autre fois ?

BILAN de ce voyage à Paris :

1.    Dispute avec J. Réconciliation à distance. Peur d’être de nouveau amie avec elle.
2.    Confirmation de mes amitiés et de leurs limites. Mais expansion d’autres amitiés. Des surprises sont toujours possibles. Et puis : j’ai changé. Je l’ai déjà dit mais C’est VRAI et c’est d’la balle.
3.    Renoué avec mes parents. Ils sont aussi limités mais c’est des parents rien que ça. Pas des super héros. Et mon frère : bonne entente. J’ai une affection particulière pour lui. Il est très indépendant….un peu beaucoup mais ça m’arrange les gens indépendants finalement.
4.    Belle amitié qui dure avec L. Elle fait bien sa vie. Elle a de bonnes valeurs…c’est pas une petite conne et c’est peu de le dire avec la famille de merde qu’elle a.
5.    Je n’arrive pas à revenir sur ma décision de ne pas revoir ma sœur. Elle va pas bien je suppose. Mais…je suis mon analyse deux fois pas semaine. Si je la vois ça va tout foutre par terre en deux secondes. On verra plus tard. En attendant c’est ma sœur.
6.    Mon mari. C’est le meilleur choix du monde. Tout le monde est d’ok. A 100%/ C’est à voir avec le temps. Mais pas de doute qu’il est top bien cool et tout.
7.    J’aime beaucoup les hommes. Et à Paris : des beaux gosses. C’est cool.
8.    Mythe de la parisienne… tout serait beau comme dans « breakfast at Tiffany’s ». Gens beaux, class etc… Au fait : ce sont tous des animaux en cage, avec un plus ou moins joli plumage. Sous le plumage (souvent) la merde. Celle de l’ambition.  De cette ambition merdique. Celle qu’a voulu m’enseigner mon père. Comme si ce n’était pas antinomique du bonheur. Moi l’ambition, ça me fait chier. J’aime trop vivre je crois. Advienne que pourra. J’voudrais pas crever.
9.     Ma voie est toute tracée. Il suffit de la suivre. Se hâter sans se presser. On vieillit tous.
10.    Je ne peux pas vivre à Paris. C’est trop gris.

13 décembre/

C'est marrant de se mettre à distance de ceux qu'on aime...mais très vite ils nous manquent. On a beau faire semblant d'être détaché...Quand on aime c'est difficile. Je me demande combien de fois j'ai pensé à lui aujourd'hui. L'heure de nos retrouvailles me semble si lointaine. j'ai trouvé une petite photo. à force de loucher dessus, j'ai trouvé sur son visage les traits qui me font craquer. Ses lèvres, ses tempes...et là vision de moi-même complètement ridicule: midinette ignare et sauvage...je me mets à lécher cette photo, si délicieuse, si bien éclairée. Il me regarde. Il me regarde presque froidement. Ne dirait-on pas qu'il me "voit"? D'ailleurs j'ai imaginé s'il me voyait, quel effet cela lui ferait d'être ainsi léché sans honte, par une grosse langue avide. Je ne suis avide que de son corps on dirait, ainsi émue par une photo...Mais non, il s'agirait d'être avec lui et de partager ces instants calmes, en secret, de notre amour. J'aimerais être seule avec lui de longs instants. Sans autre bruit que celui de nos respirations, nos corps qui se frôlent et qui s'enlacent lentement. Sans autre silence que celui de nos regards qui s'interpénètrent. Voilà comment sont mes pensées ces jours-ci. Vibrantes d'un amour qui me semble sans avenir parce que nous sommes si différents. Parce que l'amour a beau naître, il finit toujours vite. Il finit mal aussi. Ce n'est que de manière tragique que je peux aimer, et pourtant je m'entraîne à être "zen". Les refrains de chansons résonnent et me font entrevoir qu'aimer bien, pleinement paraît impossible. Nous sommes toujours à la recherche d'une nouvelle personne à aimer. J'aime plusieurs hommes. Profondément, différemment. Je ne sais pas comment m'en sortir avec cet amour. Je ne sais pas lequel est le plus réel. Ne le sont-ils pas tous au fond? Et en plus de vouloir aimer et être avec lui en ce moment, j'ai envie d'être avec un autre, ailleurs. Ô amour ambivalent, destructeur, innassouvi et ....inoubliable.

Posté par CANARDBOITEUX à 00:48 - Commentaires [0] - Permalien [#]